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1886

NUITAMMENT

Jules LAFORGUE

Ô lune, coule dans mes veines Et que je me soutienne à peine, Et croie t'aplatir sur mon cœur ! Mais, elle est pâle à faire peur !

Et montre par son teint, sa mise, Combien elle en a vu de grises ! Et ramène, se sentant mal, Son cachemire sidéral,

Errante Delos, nécropole, je veux que tu fasses école ; je te promets en ex-voto Les Putiphars de mes manteaux !

Et tiens, adieu ; je rentre en ville Mettre en train deux ou trois idylles, En m'annonçant par un péan D'épithalame à ton néant.

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