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1885

COMPLAINTE PROPITIATOIRE À L'INCONSCIENT

Jules LAFORGUE

Ô Loi, qui êtes parce que Vous Êtes, Que Votre nom soit la Retraite ! ‒ Elles ! Ramper vers elles d'adoration ? Ou que sur leur misère humaine je me vautre ?

Elle m'aime, infiniment Non, d'occasion ! Si non moi, ce serait infiniment un autre ! Que votre inconsciente Volonté Soit faite dans l'Éternité !

‒ Dans l'orgue qui par déchirements se châtie. Croupir, des étés, sous les vitraux, en langueur ; Mourir d'un attouchement de l'Eucharistie, S'entrer un crucifix maigre et nu dans le cœur ?

Que de votre communion nous vienne Notre sagesse quotidienne ! ‒ O croisés de mon sang ! Transporter les cités ! Bénir la Pâque universelle, sans salaires !

Mourir sur la Montagne, et que l'Humanité, Aux âges d'or sans fin, me porte en scapulaires ! Pardonnez-nous nos offenses, nos cris, Comme étant d'à jamais écrits !

‒ Crucifier l'infini dans des toiles comme Un mouchoir, et qu'on dise : « Oh ! L'Idéal s'est tu ! » Formuler Tout ! En fugues sans fin dire l'Homme ! Être l'âme des arts à zones que veux-tu !

Non, rien ; délivrez-nous de la Pensée, Lèpre originelle, ivresse insensée, Radeau du Mal et de l'Exil ; Ainsi soit-il.

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