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1885

COMPLAINTE D'UN AUTRE DIMANCHE

Jules LAFORGUE

C'était un très-au vent d'octobre paysage, Que découpe, aujourd'hui dimanche, la fenêtre, Avec sa jalousie en travers, hors d'usage, Où sèche, depuis quand ! Une paire de guêtres

Tachant de deux mals blancs ce glabre paysage. Un couchant mal bâti suppurant du livide ; Le coin d'une buanderie aux tuiles sales ; En plein, le Val-de-Grâce, comme un qui préside ;

Cinq arbres en proie à de mesquines rafales Qui marbrent ce ciel crû de bandages livides. Puis les squelettes de glycines aux ficelles, En proie à des rafales encor plus mesquines !

Ô lendemains de noce ! Ô brides de dentelles ! Montrent-elles assez la corde, ces glycines Recroquevillant leur agonie aux ficelles ! Ah ! Qu'est-ce que je fais, ici, dans cette chambre !

Des vers. Et puis, après ! Ô sordide limace ! Quoi ! La vie est unique, et toi, sous ce scaphandre, Tu te racontes sans fin, et tu te ressasses ! Seras-tu donc toujours un qui garde la chambre ?

Ce fut un bien au vent d'octobre paysage…Ce fut un bien au vent d'octobre paysage…

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