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1876

Sur un Festin

Auguste LACAUSSADE

Joyeux et du vin chantant le délire, Célébrons Bacchus, l'ami de la lyre, Le Dieu de la danse à qui plaît le rire ! Compagnon d'Éros, amant de Cypris,

Il donna le jour aux belles Charis. Père de l'ivresse, il verse en nos veines, Avec la santé, ce premier des dons, La joie et l'oubli des tristesses vaines.

Que le blond éphèbe, habile aux chansons, De nectar pourpré m'emplisse un cratère, Aussitôt l'essaim des pensers cuisants Se dissipe et fuit sur l'aile des vents.

A quoi bon des jours sonder le mystère ? A quoi bon se plaindre ? à quoi bon gémir ? Vidons en riant la coupe éphémère ! Avant que la mort me vienne endormir,

Je veux, Dieu du vin, mêler ma vieillesse Au groupe dansant des jeunes beautés. A qui s'y complaît laissons la tristesse ! Épanchant notre âme en douces gaîtés,

Chantons Lyæus, l'ami de la Lyre ! Chantons sa liqueur au brillant délire !

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