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1876

Sur les Amours

Auguste LACAUSSADE

Si tu peux de la mer nombrer les grains de sable, Les étoiles du ciel et les feuilles des bois, Si tu le peux, ami, viens, et compte à ma voix De mes nombreux amours le nombre intarissable.

Mets-en vingt pour Athène et quinze autres encor, Pour Corinthe une armée entière ; — cette ville De la riche Achaïe en beautés est fertile : A Corinthe se plaît Cypris aux boucles d'or.

Compte aussi pour Lesbos et la molle Ionie, Et Rhode au noir colosse, et la verte Carie, Le chiffre en est certain, compte deux mille amours. — As-tu donc tant aimé ? diras-tu. — Va toujours !

Car tu n'as pas compté mes amours de Syrie, Et mes amours de Tyr, et ceux de Kanobos, Et ceux de Crète encor, l'île où l'ardent Éros S'en va par les cités célébrant ses mystères.

Mais comment, traversant et les mers et les terres, Compter tous les amours que mon cœur a connus Du détroit de Gadès aux rives de l'Indus !

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