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1876

Sur Anacréon

Auguste LACAUSSADE

Le doux lyrique de Téos, Anacréon, l'ami d'Éros, Une nuit m'apparut en rêve. Je m'entends nommer, je me lève

Et, vers lui volant empressé, D'un cœur ému je l'embrassai. Il était vieux mais beau ; les Grâces Avaient sur son front argenté

Versé cette heureuse gaîté Qui des ans charme les disgrâces. Sa lèvre au sourire divin Exhalait l'arome du vin.

Pour aider sa lente vieillesse, L'ami de sa verte jeunesse, Éros, le guidait par la main. De son front ôtant sa couronne,

Le doux vieillard au grand renom Sourit, s'avance et me la donne : Elle sentait Anacréon. Et moi d'une main indiscrète

J'osai la poser sur ma tête ; Hélas ! Éros depuis ce jour De mon cœur a fait son séjour.

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