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1876

Portrait de son Hétaïre

Auguste LACAUSSADE

Peintre excellent, peintre au pinceau divin, Roi dans cet art vanté du Rhodien, Allons ! rends-moi, — je vais te les décrire, — Rends-moi les traits de ma jeune hétaïre.

Offre d'abord, offre à mes yeux charmés Ses beaux cheveux, tresse opulente et noire, Et, s'il se peut, fais-les-moi parfumés. Peins-la de face avec un front d'ivoire.

De ses sourcils que l'arc flexible et pur Vienne encadrer ses prunelles d'azur. De cils d'ébène ombrage sa paupière. Que son œil bleu répande la lumière,

Brillant et clair comme ceux d'Athéné, Humide et doux comme ceux d'Aphrodite ! Fais son teint rose et sa bouche petite : Que le désir y voltige enchaîné !

Sous son menton délicat, sur sa joue, Autour du cou, que l'enivrant essaim Des Voluptés et des Grâces se joue ! Vêts-la de pourpre, ami ! mais à dessein

Laisse entrevoir les blancheurs de son sein ; De son beau corps que le regard devine Ce que ton art a voulu nous voiler. Mais je la vois ! ta peinture est divine,

O Rhodien ! — Ce portrait va parler !

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