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1876

Philis la Belle

Auguste LACAUSSADE

Des grands blés verts quand l'alouette Montait vibrante dans l'azur, Sur l'herbe où croit la violette, Du printemps je buvais l'air pur.

Par-dessus les hautes montagnes Regardait l'œil d'or du soleil ; Au loin souriaient les campagnes : « Tels ton sourire et ton réveil,

Disais-je, ô ma rebelle, Philis la belle ! » Du fleuve égayant les rivages, Les nids chantaient sous les buissons ;

Assis dans les trèfles sauvages, Muet, j'écoutais leurs chansons. Suave et des zéphyrs bercée, La rose ouvrait sa vierge fleur ;

Son front penchait sous la rosée : « Telles ta grâce et ta fraîcheur, Disais-je, ô ma rebelle, Philis la belle ! »

Les ramiers sous l'allée ombreuse Se disaient leur félicité ; Ivres d'aimer, leur voix heureuse Semblait gémir de volupté.

« Sous ce beau ciel baigné de flamme, Par ce doux mois cher à l'Amour, Puisse ainsi s'amollir ton âme Et ta voix gémir à son tour,

Disais-je, ô ma rebelle, Philis la belle ! »

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