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1839

Pense à moi

Auguste LACAUSSADE

Si tu vois une fleur, que le zéphyr délaisse, Mourir à son matin sans baiser ni caresse, Pense à moi, pense à moi ! Et si tu plains l'oiseau que le vent ou l'orage

Égara loin du nid qui berça son jeune âge, Pense à moi, pense à moi ! Si tu vois un front pâle où languit la jeunesse, S'incliner sous le poids d'une vague tristesse,

Pense à moi, pense à moi ! Et sensible à l'accent de quelque voix aimante, Si tu l'entends au ciel demander une amante, Pense à moi, pense à moi !

Si d'un triste exilé quelque beauté frivole Repoussait devant toi l'amoureuse parole, Pense à moi, pense à moi ! Et si tu vois alors ce fils d'un autre monde

Au ciel lever des yeux que la douleur inonde, Pense à moi, pense à moi ! Si tu vois quelque jour une funèbre pierre Où nul ne vient porter ses fleurs ni sa prière,

Pense à moi, pense à moi ! Et sur la tombe où gît la dépouille endormie, Si tu trouves ces mots : « Il n'eut jamais d'amie ! » Pense à moi ! Pense à moi !

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