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1852

LXVI

Auguste LACAUSSADE

Comme une herbe sans eau, comme une fleur aride Qui s'éteint sans parfums sous les feux de l'été, Mon âme, loin de toi, mon âme est morne et vide : En te quittant j'ai tout quitté !

La ville et ses splendeurs, la nature et ses charmes, Rien n'a rendu le calme à ce cœur tourmenté. Mon front est sans pensée et mon œil est sans larmes : En te quittant j'ai tout quitté !

La Muse, cette amie autrefois si fidèle, Qui chaque nuit venait s'asseoir à mon côté, Pour me parler de toi vainement je l'appelle : En te quittant j'ai tout quitté !

Hélas ! parfums et chants dont s'enivrait mon âme, Rêves, larmes du cœur, vague sérénité, Hélas ! tout me venait de vous, ma noble Dame : En vous quittant j'ai tout quitté !

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