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1852

LII

Auguste LACAUSSADE

Si mon amour était cet arbuste aux fleurs blanches, Ce beau lilas d'avril, la grâce du printemps ; Si, moi-même, j'étais l'oiseau qui dans ses branches Vient reposer son aile et chanter par instants ;

Combien je gémirais si les bises sauvages Glaçaient la tête en fleur de mon arbuste aimé ! Mais que je bénirais, joyeux, dans ses feuillages, Ton frais retour, doux mois de mai !

Si mon amour était la fleur de la colline Qui penche au vent du soir son front voluptueux ; Si, moi-même, j'étais la goutte cristalline Pour dormir sur son cœur me détachant des cieux ;

Perle égarée au bord de ses feuilles timides, Pendant aux plis soyeux de son sein velouté, Je passerais la nuit et ses heures humides A me nourrir de sa beauté !

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