Skip to content
1876

Le Chasseur

Auguste LACAUSSADE

C'est un jeune chasseur. Tout le jour, hors d'haleine, Farouche, il a bravé les flammes de l'été. Près de la source, enfin, sombre il s'est arrêté. Ses regards inquiets interrogent la plaine…

Seul, par les prés fleuris, le cours d'eau se promène. « O bois ! dit-il, jadis mes plus chères amours, Je veux la voir avant de vous fuir pour toujours ! « La voir sans être vu. » Soudain, sur l'autre rive,

Au galop du coursier la chasseresse arrive, Fière comme Diane, agreste en ses atours. De la route ses yeux sondent les verts détours. Qui donc la suit ? craint-elle un témoin invisible ?

Le cours d'eau par les prés coule clair et paisible. Et le chasseur tressaille. Une arme est dans sa main. Il tourne autour de lui des regards de Caïn ; Il couve à l'horizon sa haine la plus chère ;

Sa lèvre aux plis nerveux sourit amèrement. O solitude, ô bois, sérénité, lumière !… Le cours d'eau par les prés coule paisiblement. Il s'éloigne… il veut fuir à jamais ce rivage ;

Mais sur la route il voit s'élever un nuage, Et son arme s'abaisse… un œil jaloux et sûr Ajuste… Le cours d'eau coule riant et pur ; Un radieux silence assoupit le feuillage…

Tout à coup, sous le ciel, un éclair a couru : Plus de nuage au loin ! — personne n'a paru !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Le Chasseur · Auguste LACAUSSADE · Poetry Cove