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1876

Le Cap

Auguste LACAUSSADE

Cap sublime ! debout sur tes crêtes ardues, J'aime à voir à tes pieds les vagues éperdues Se briser, inondant ton granit éternel D'une fumante écume où flotte l'arc-en-ciel.

Souvent, comme un troupeau de sauvages cavales, Je les vois, secouant leurs crinières rivales, Franchir tes blocs d'airain dans leurs bonds orageux, Sur le sol immergé rouler leurs flancs neigeux,

Puis s'enfuir, et laisser aux grèves de leurs plages La perle et les coraux, l'ambre et les coquillages. Les vierges, les enfants, douce postérité, Vont glanant le trésor par l'abîme apporté.

O poète ! cœur jeune, esprit trempé de flamme, Des passions ainsi le flot gronde en ton âme ; Mais que ta lèvre chante, et tu verras, charmé, Vers les mers de l'oubli rouler le flot calmé,

Puis s'éteindre et laisser après soi sur les sables D'impérissables vers, des chants impérissables.

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