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1839

Le Barde à la fleur

Auguste LACAUSSADE

O douce et tendre fleur éclose avec l'aurore De son midi brûlant le jour est loin encore, Pourquoi t'incliner pâle et triste ainsi que moi ? Attends que le soleil ait voilé sa lumière,

Attends que le trépas ait fermé ma paupière, Car je voudrais m'éteindre et passer avec toi ! Pauvre petite fleur, qui peut causer ta peine ? N'as-tu pas des zéphirs la caressante haleine ?

N'as-tu pas les rayons et les baisers du jour ? Pour les fleurs l'existence est-elle aussi sans charmes, Ou quelque papillon t'a-t-il laissé les larmes Quand toi, tu lui donnas les parfums de l'amour ?

A te voir mourir belle et si jeune, je pleure ; Pour briller, tous les deux nous n'avons eu qu'une heure Nos destins sont pareils : attends-moi pour partir ! Du barde et de la fleur la vie est passagère,

Et nous mourrons, hélas ! sans laisser à la terre, Toi, ton parfum si doux, et moi, mon souvenir !

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