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1876

La Mer calme

Auguste LACAUSSADE

Le vent des nuits, flottant sur ta nappe sereine, Enfle ton onde, ô mer ! de sa plus molle haleine. Comme un sein virginal que berce un rêve pur, Belle et calme, tu dors dans ta couche d'azur.

La lune épanche au loin sa lumière tranquille ; La voile pend au mât, la vergue est immobile ; Le vaisseau dort cloué sur sa quille de fer ; L'étoile de Vénus se mire au flot amer.

O mer ! un monstre étrange habite sous ton onde : Il s'y replie et dort tant que l'aquilon gronde ; Lorsque le ciel est pur et brille dans tes eaux, Le polype y déroule au soleil ses anneaux.

O poète ! en ton sein est une hydre glacée : Elle y dort quand ton cœur lutte avec ta pensée ; Lorsque ton âme est calme et brille sous tes pleurs» L'hydre des souvenirs sort de ses profondeurs !

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