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1876

La Coupe

Auguste LACAUSSADE

Artiste habile, ô mon Vulcain ! De ce riche métal, ciselé par ta main, Qu'il naisse une coupe aussi belle Que le Printemps est beau ! Que la rose nouvelle

S'ouvre et fleurisse sur ses bords ! Dans les contours polis du suave cratère Ne grave ni combat, ni tragique mystère, Ni rites consacrés aux morts ;

Non, graves-y plutôt, de roses couronnées, Cypris au sourire divin, Applaudissant à l'hyménée ; Et le jeune Évius, l'ennemi du chagrin,

Le fils de Jupiter, le Dieu père du vin ! Sous la vigne aux tiges pliantes Montre-nous, le front lourd de pampre et de raisin, Les Amours désarmés et les Grâces riantes ;

Montre encor, guidés par Éros, Un beau groupe d'enfants aux boucles ondoyantes : Que sur un tapis frais de myrte et de lotos Joue avec eux le blond Phoibos !

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