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1852

L'Arbre A Gomme

Auguste LACAUSSADE

Déchiré par le fer, arbre au noble feuillage, A l'homme dont la main te mutile et t'outrage, Tu n'en verses pas moins ton ombre et ton trésor : Le flanc tout sillonné de profondes morsures,

Par la lèvre béante où saignent tes blessures, Ta sève coule en larmes d'or. Poète, fais ainsi : sur la tourbe stupide Dont l'aveugle fureur t'insulte et te lapide,

Te vengeant en bienfaits du lâche et du pervers, Dans l'angoisse ineffable où ton cœur se déchire, Laisse, ô consolateur, laisse dans ton martyre Couler le baume de tes vers !

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