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1839

Couplets

Auguste LACAUSSADE

Fille des mers, à qui l'onde africaine Aime à donner ses baisers les plus doux, Qui dans les cieux levant un front de reine, Brave des airs l'orage et le courroux ;

Daigne tourner vers nous tes yeux de mère, Nous dont la voix monte pour te bénir, Nous qui buvons à la gloire prospère De tes jours à venir.

Fille des mers, île heureuse et chérie, Tes défenseurs ont droit à notre encens ; Leurs noms aimés au nom de la patrie Seront unis en nos faibles accents.

Dans leurs talents que ta tendresse espère, Pour ton salut ils combattront toujours ; Et nous buvons à l'avenir prospère Des plus beaux de leurs jours.

Fille des mers, aux vertus, au mérite, Des dignités accorde les faveurs, Et de tes fils que l'injustice irrite D'un même amour récompense les cœurs.

Le talent seul, qu'un jour plus vaste éclaire, A ton amour plus qu'un autre a des droits ; Et nous buvons à la santé prospère Des élus de ton choix.

Fille des mers, une haine rivale Jadis, hélas ! divisa tes enfants, Et contre ceux qu'un préjugé ravale Tu toléras des abus triomphants ;

Mais nous blâmons cette erreur de nos pères, Les préjugés sont morts pour l'avenir ; Et nous buvons aux amitiés prospères Qui nous doivent unir.

Fille des mers, si le vent des orages Sur ton ciel pur amassait les malheurs, Tu peux compter sur nos jeunes courages ; Pour toi notre âme aura plus que des pleurs !

Bravant les coups des aquilons contraires, Dans les dangers prompts à te secourir, Tu nous verras pour tes destins prospères Triompher ou mourir.

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