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1876

A une Jeune Fille

Auguste LACAUSSADE

Niobé, dans la pierre à jamais enchaînée, Sur les monts phrygiens, noir rocher, se dressa. Procné, de Pandion la fille infortunée, Devint une hirondelle et dans l'air s'envola.

Que ne puis-je à mon tour, ô maîtresse divine ! Être l'heureux miroir que regardent tes yeux, La tunique de lin, la toile douce et fine Qui presse tes beaux flancs entre ses plis soyeux !

Je voudrais être l'onde, ô divine maîtresse ! L'onde voluptueuse où se baigne ton corps ; La subtile senteur qui parfume ta tresse, Le voile où de tes seins se cachent les trésors.

Enlaçant de ton cou la blancheur virginale, Que ne suis-je la perle ou l'ambre aux grains dorés ! Je voudrais être encore, ô beauté ! ta sandale Pour me sentir foulé par tes pieds adorés !

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