Le Beau-Richard tient ses grands jours Et va rétablir son empire. L'année est fertile en bons tours ; Jeunes gens, apprenez à rire.
Tout devient risible ici-bas, Ce n'est que farce et comédie ; On ne peut quasi faire un pas, Ni tourner le pied qu'on n'en rie.
Qui ne rirait des précieux ? Qui ne rirait de ces coquettes En qui tout est mystérieux, Et qui font tant les Guillemettes ?
Elles parlent d'un certain ton Elles ont un certain langage Dont aurait ri l'aîné Caton, Lui qui passait pour homme sage.
D'elles pourtant il ne s'agit En la présente comédie : Un bon bourgeois s'y radoucit Pour une femme assez jolie.
« Faites-moi votre favori Lui dit-il, et laissez-moi faire. » La femme en parle à son mari Qui répond, songeant a l'affaire :
« Ma femme, il vous faut l'abuser, Car c'est un homme un peu crédule, Sous l'espérance d'un baiser, Faites-lui rendre ma cédule.
« Déchirez-la de bout en bout Car la somme en est assez grande Toussez après ; ce n'est pas tout : Toussez si haut qu'on vous entende.
« Il ne faut pas tarder beaucoup De peur qu'il n'arrive fortune. Toussez, toussez encore un coup, Et toussez plutôt deux fois qu'une. »
Ainsi fut dit, ainsi fut fait. En certain coin l'époux demeure, Le galant vient frisque et de hait, La dame tousse à temps et heure.
Le mari sort diligemment, Le galant songe à s'aller pendre ; Mais il y songe seulement : Pour cela n'est-il à reprendre.
Tous les galants craignent la toux, Elle a souvent troublé la fête. Nous parlons aussi comme époux, Autant nous en pend sur la tête.
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