Dame Bellone, ayant plié bagage,
Est en Suède avec Mars son amant.
Laissons-les là ; ce n'est pas grand dommage- :
Tout bon François s'en console aisément.
Jà n'en battrai ma femme assurément,
Car que me chaut si le Nord s'entrepille,
Et si Bellone est mal avec la cour ?
J'aime mieux voir Vénus et sa famille,
Les Jeux, les Ris, les Graces et l'Amour.
Le seul espoir restoit pour tout potage ;
Nous en vivions, encor bien maigrement,
Lorsqu'en traités Jules ayant fait rage,
A chassé Mars, ce mauvais garnement.
Avecque nous, si l'almanach ne ment,
Les Castillans n'auront plus de castille ;
Même au printemps on doit de leur séjour
Nous envoyer, avec certaine fille,
Les Jeux, les Ris, les Graces et l'Amour.
On sait qu'elle est d'un très-puissant lignage,
Pleine d'esprit, d'un entretien charmant,
Prudente, accorte, et surtout belle et sage ;
Et l'empereur y pense aucunement ;
Mais ce n'est pas un morceau d'Allemand ;
Car en attraits sa personne fourmille ;
Et ce jeune astre, aussi beau que le jour,
A pour sa dot, outre un métal qui brille,
Les Jeux, les Ris, les Graces et l'Amour.
Prince amoureux de dame si gentille,s
Si tu veux faire à la France un bon tour,
Avec l'infante enlève à la Castille
Les Jeux, les Ris, les Graces et l'Amour.