Sylvie, autrefois opilée,
Avoit repris un teint si frais,
Que Cloris, en étant charmée,
S’en vint sur ce sujet l’entretenir exprès.
Cloris a ses raisons pour consulter Sylvie :
Elle sentoit venir la même maladie,
Et vouloit y trouver un remède certain.
« Que vous avez changé ! lui dit-elle, ma mie,
Et que je vous trouvai jolie,
En vous rencontrant ce matin !
Depuis que vous voyez l’épouse de Clymène,
Sans doute, par sa belle humeur
Elle aura ramené la joie en votre cœur ?
Elle en aura chassé ce qui lui faisoit peine ?
— Mon mal, répond Sylvie, est à présent guéri ;
Ce n’est pas, grand merci ! l’enjoûment de Clymène ;
Mais la vigueur de son mari.