Intendantes du Parnasse, Si de traits remplis de grâce Vos faveurs ornent les vers Dont j'entretiens l'univers,
Aujourd'hui je vous implore : Donnez à ma voix encore L'éclat et les mêmes sons Qu'avoient jadis mes chansons.
Toute la cour d'Amathonte Étant à Rois-le-Vicomte, Muses, j'ai besoin de vous. Venez donc de compagnie,
Par vos charmes les plus doux, Ressusciter mon génie. Je sens qu'il va décliner ; C'est à vous de lui donner
Des forces toutes nouvelles : Car je veux louer trois belles ; Je veux chanter haut et net Virville, Hervart, Gouvernet.
J'en ferai mes trois déesses, Leur donnant, à ma façon, Et l'Amour pour compagnon, Et les Grâces pour hôtesses.
J'y joindrai les menus dieux Qu'Hervart a pour satellites, De leurs troupes favorites S'accompagnant dans les lieux
Où Lulli règne et Molière. Le sermon voit rarement Une telle fourmilière ; Ce n'est pas leur élément :
Hervart alors congédie Presque moitié de ces gens ; A Vénus, sa bonne amie, Les prêtant pour quelque temps.
Tout en est plein dans l'ombrage Qui n'eut jamais son pareil. Il n'est forêt ni bocage Plus ennemis du soleil.
Dans ses réduits les moins sombres Se cache aisément l'Amour. Sous l'épaisseur de leurs ombres Je pourrais bien quelque jour
Laisser mon cœur en otage. Le reste du composé Est l'être le plus volage Dont Dieu se soit avisé.
Oh ! si j'avois un empire, Si j'étois roi du Pérou !… Je vois qu'Hervart me va dire : Votre souhait, est bien fou.
Si vous aviez des couronnes, Eh bien ! qu'est-ce que cela ? Feriez-vous de nos personnes La conquête à ce prix-là ?
Vienne Jupiter lui-même, Et le dieu qui fait qu'on aime, Ayant pour eux le Destin, Ils y perdront leur latin.
Oh ! si le dieu du Parnasse Avoit inspiré Colasse Comme l'on dit qu'il a fait, La chose iroit à souhait.
Selon toutes les merveilles Qu'on en dit présentement, Les yeux n'auroient nullement A se moquer des oreilles.
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