Dans cet antre secret tout parsemé de rose,
Que faisiez-vous, Philis, avec ce beau garçon ?
Il vous parloit, il sentoit bon.
Ne s'est-il point passé quelque petite chose ?
En pourrais- je savoir le nom ?
A qui désirez-vous de plaire ?
Peut-on apprendre ce mystère ?
Vos cheveux renoués sont un ajustement
Qui ne s'accorde nullement
A la simplicité de votre habillement.
Il sentira bientôt, dans le fond de son âme,
Le changement de votre flamme,
Ce mignon trop heureux, charmé de vos appas !
Que dira-t-il, hélas !
En vous trouvant plus irritée
Que ne l'est la mer agitée ?
Le crédule qu'il est, il croit, en vous voyant,
Que vous serez toujours fidèle,
Et que jamais un autre amant
Ne pourra vous brûler d'une flamme nouvelle !
Malheureux ceux que vous éblouissez,
Mal informés de votre esprit volage !
Je me suis sauvé du naufrage ;
Le tableau de mou vœu vous le témoigne assez :
« Au grand dieu de la mer, en sortant de son onde,
Je viens de consacrer mes humides habits ;
Le reste de mes jours, dans une paix profonde,
Coulera doucement loin des yeux de Philis. »