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A PHILIS

Jean de La Fontaine

Dans cet antre secret tout parsemé de rose, Que faisiez-vous, Philis, avec ce beau garçon ? Il vous parloit, il sentoit bon. Ne s'est-il point passé quelque petite chose ?

En pourrais- je savoir le nom ? A qui désirez-vous de plaire ? Peut-on apprendre ce mystère ? Vos cheveux renoués sont un ajustement

Qui ne s'accorde nullement A la simplicité de votre habillement. Il sentira bientôt, dans le fond de son âme, Le changement de votre flamme,

Ce mignon trop heureux, charmé de vos appas ! Que dira-t-il, hélas ! En vous trouvant plus irritée Que ne l'est la mer agitée ?

Le crédule qu'il est, il croit, en vous voyant, Que vous serez toujours fidèle, Et que jamais un autre amant Ne pourra vous brûler d'une flamme nouvelle !

Malheureux ceux que vous éblouissez, Mal informés de votre esprit volage ! Je me suis sauvé du naufrage ; Le tableau de mou vœu vous le témoigne assez :

« Au grand dieu de la mer, en sortant de son onde, Je viens de consacrer mes humides habits ; Le reste de mes jours, dans une paix profonde, Coulera doucement loin des yeux de Philis. »

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