Prince chéri du ciel, qui fais voir à la France Les fruits de l'âge mûr joints aux fleurs de l'enfance, Conti, dont le mérite avant-courrier des ans A des astres benins épuisé les présents,
À l'abri de ton nom les mânes des Malherbes Paraîtront désormais plus grands et plus superbes ; Les Racans, les Godeaux, auront d'autres attraits ; La scène semblera briller de nouveaux traits ;
Par ton nom tu rendras ces ouvrages durables : Après mille soleils ils seront agréables. Si le pieux y règne, on n'en a point banni Du profane innocent le mélange infini.
Pour moi, je n'ai de part en ces dons du Parnasse Qu'à la faveur de ceux que je suis à la trace. Ésope me soutient par ses inventions ; J'orne de traits légers ses riches fictions :
Ma muse cède en tout aux muses favorites Que l'Olympe doua de différents mérites. Cependant à leurs vers je sers d'introducteur. Cette témérité n'est pas sans quelque peur.
De ce nouveau recueil je t'offre l'abondance, Non point par vanité, mais par obéissance. Ceux qui par leur travail l'ont mis en cet état Te le pouvoient offrir en termes pleins d'éclat ;
Mais, craignant de sortir de cette paix profonde Qu'ils goûtent en secret loin du bruit et du monde, Ils m'engagent pour eux à le produire au jour, Et me laissent le soin de t'en faire leur cour.
Leur main l'eût enrichi d'un plus beau frontispice : La mienne leur a plu simple et sans artifice. Conti, de mon respect sois du moins satisfait, Et regarde le don, non celui qui le fait.
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