Qu'Olympe a de beautés, de grâces et de charmes !
Elle sait enchanter les esprits et les yeux.
Mortels, aimez-la tous ; mais ce n'est qu'à des dieux
Qu'est réservé l'honneur de lui rendre les armes.
La mère des Amours et la reine des Graces,
C'est Bouillon ; et Vénus lui cède ses emplois.
Tout ce peuple à l'envi s'empresse sur vos traces,
Plus nombreux qu'il n'étoit, et tout fier de vos lois.
Peut-on s'ennuyer en des lieux
Honorés par les pas, éclairés par les yeux ?
D'une aimable et vive princesse,
A pied blanc et mignon, à brune et longue tresse ?
Nez troussé, c'est un charme encor selon mon sens,
C'en est même un des plus puissants.
Pour moi, le temps d'aimer est passé, je l'avoue ;
Et je mérite qu'on me loue
De ce libre et sincère aveu,
Dont pourtant le public se souciera très-peu.
Que j'aime ou n'aime pas, c'est pour lui même chose ;
Mais, s'il arrive que mon cœur
Retourne à l'avenir dans sa première erreur,
Nez aquilins et longs n'en seront pas la cause.