Dans cet écrit, notre pauvre cité Par moi, seigneur, humblement vous supplie, Disant qu'après le pénultième été L'hiver survint avec grande furie,
Monceaux de neige et gros randons de pluie, Dont maint ruisseau croissant subitement Traita nos ponts bien peu courtoisement. Si vous voulez qu'on les puisse refaire,
De bons moyens j'en sais certainement : L'argent surtout est chose nécessaire. Or d'en avoir c'est la difficulté ; La ville en est de longtemps dégarnie.
Qu'y feroit-on ? vice n'est pauvreté. Mais cependant, si l'on n'y remédie, Chaussée et pont s'en vont à la voirie. Depuis dix ans, nous ne savons comment,
La Marne fait des siennes tellement Que c'est pitié de la voir en colère. Pour s'opposer à son débordement, L'argent surtout est chose nécessaire.
Si demandez combien en vérité L'œuvre en requiert, tant que soit accomplie, Dix mille écus en argent bien compté, C'est justement ce de quoi l'on vous prie.
Mais que le prince en donne une partie, Le tout, s'il veut, j'ai bon consentement De l'agréer, sans craindre aucunement. S'il ne le veut, afin d'y satisfaire,
Aux échevins on dira franchement : L'argent surtout est chose nécessaire. Pour ce vous plaise ordonner promptement Nous être fait du fonds suffisamment ;
Car vous savez, seigneur, qu'en toute affaire, Procès, négoce, hymen, ou bâtiment, L'argent surtout est chose nécessaire.
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