C'est un passage dangereux, Un lieu pour les voleurs, d'embûche et de retraite ; A gauche un bois, une montagne à droite, Entre les deux.
Un chemin creux. La montagne est toute pleine De rochers faits comme ceux De notre petit domaine.
République de loups, asile de brigands, Faut-il que tu sois dans le monde ? Tu favorises les méchants Par ton ombre épaisse et profonde.
Ils égorgent celui que Thémis, ou le gain, Ou le désir de voir, fait sortir de sa terre. En combien de façons, hélas ! le genre humain Se fait à soi-même la guerre !
Puisse le feu du ciel désoler ton enceinte ! Jamais celui d'amour ne s'y fasse sentir, Ni ne s'y laisse amortir ! Qu'au lieu d'Amarillis, de Diane et d'Aminte,
On ne trouve chez toi que vilains bocherons, Charbonniers noirs comme démons, Qui t'accommodent de manière Que tu sois à tous les larrons
Ce qu'on appelle un cimetière ! Il nous laisse ces monuments Pour marque de nos mouvements. Quand Turenne assiégea Tavanne,
Turenne fit ce que la cour lui dit, Tavanne non ; car il se défendit, Et joua de sa sarbacane. Beaucoup de sang françois fut alors répandu.
On perd des deux côtés dans la guerre civile : Notre prince eût toujours perdu, Quand même il eût gagné la ville. Ce n'est pas petite gloire
Que d'être pont sur la Loire. On voit à ses pieds rouler La plus belle des rivières Que de ses vastes carrières
Phébus regarde couler.
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