II.
En continuant mon chemin, voilà que je vins à passer devant une porte ouverte. Je méditais; un cri me réveille, un cri de douleur. Là, il y avait une vieille femme infectée d'une horrible maladie;
un cancer déchirait sa poitrine, reptile immonde et cruel qui loin de jamais lâcher sa proie ronge toujours plus avant, et dévore lentement ceux qu'il attaque, comme si on les brulait à petit feu. Déja la femme était près de mourir. Le médecin avait dit le matin une parole consolante: ‘voici ses dernières vingt-quatre heures,’ mais, hélas! il en avait menti. Déja elle gisait sans connaissance sur son lit de douleur, hideuse à voir, livide et décharnée. Mais quelquefois son serpent se plaisait à la réveiller de sa léthargie par une plus profonde morsure, alors elle se tordait sur sa couche, roulait des yeux furieux que le mal faisait sortir de leur orbite, et d'une bouche qui faisait voir des dents calcinées qu'elle grinçait, elle proférait un cri d'angoisse cent fois plus affreux que celui de l'homme qui se
meurt, mais ne peut mourir assez vite!
Un tel cri frappa mon oreille quand je passai; c'était comme un poignard qu'on m'enfonçait dans le coeur; je frémis et je m'éloignai de cette maison d'horreur.