IV.
A. Clavareau
I. Le lever du soleil.
Zonsopgang, I, blz. 6.
C'est singulier! de très-bonne heure,
Le soleil dore mon logis
Et cependant notre demeure,
N'est que dans un coin sombre et gris.
Mais je lisais hier encore,
Et ma mère me dit souvent
Qu'aux champs le lever de l'aurore
Offre un tableau plus ravissant.
D'abord, dit-elle, quelque étoile
Scintille encor, puis, lentement,
S'efface et va prendre son voile
Dans le lointain du firmament.
Une lueur rose et bleuâtre
Pare le char oriental,
Et le soleil, sur ce théâtre,
Paraît comme un enfant royal.
Je m'étonne quand, de bonne heure,
Le soleil dore mon logis;
Car, dans un coin, notre demeure
N'a que des murs sombres et gris.
Oh! qu'à tant de magnificence,
L'homme des champs, humble et pieux,
A genoux se courbe en silence
Et joigne ses mains vers les cieux.