Sonnet.
A bon droict lon te peult, o plaisante Iournée,
Bien heureuse nommer, veu que par toy mon coeur
S'est reiouy si fort; mon coeur qui par mal heur
Auoit perdu des yeux sa Maistresse honorée
Desia par tant de iours, dont mon ame blessée
Fut par vng triste deuil, comme on voit vne fleur
Languir par le vent froid de bise, sans douceur,
Ainsi par son decés fut ma ioye effacée:
Mais en toy ô mon Iour! ô Iour trop plus qu'heureux
I'ay rencontré mon bien, & mon mal gracieux.
Ayant dessus le chef l'habit d'vne bourgeoise.
Tout ioyeux, & craintif ie la prins par la main:
Son doux regard, son port, son parler plus qu'humain
Me rendirent l'esprit, tant elle estoit courtoise.