Sonnet.
Ie suis vn demy Dieu, quant je vois ma Maistresse,
Mon coeur, mon cher soucy: quant assis vis à vis
D'elle ie vois les yeux, escoutant les deuis:
Deuis, qu'on iugeroit deuis d'vne Deesse:
Par fois entre-rompus, par gentille caresse,
Plus que mignardement d'ung gracieux soubris:
Vng souris, qui detient mon coeur fermement pris:
Car en voiant ses yeux ie me meurs de liesse.
Ie voy dedans ses yeux Amour victorieux,
Qui va bas, qui va haut, tousiour me regardant:
Et son arc contre moy coup sur coup decochant.
Ie reçoy plus de bien à regarder ses yeux,
Qu'à boire, ou qu'à manger, qu'à dormir, ni qu'à faire
Chose qui soit â l'ame, ou au corps necessaire,