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Le soir, fixant les cieux, sous leur voûte profonde,
Elle le voit encore.
Je sais que les grammairiens condamnent l'emploi du verbe fixer pris dans le sens de regarder. Mais plusieurs poètes s'en sont servis; et Delille, par exemple, le répète plusieurs fois dans l'Énéide, le Paradis perdu, et d'autres poèmes.
Ah! quand pourra ton fils te presser sur son sein,
Mes yeux fixer tes yeux; ma main serrer ta main.....
Chacun, sur le damier, fixe, d'un oeil avide,
Les cases, les couleurs, et le plein et le vide.
Quand on voit le plus pur, le plus élégant de nos poètes modernes consacrer, pour ainsi dire, cette expression, peut-on la condamner légèrement? Je ne le crois pas. Le sens de ces phrases est clair; il le serait moins s'il s'agissait de personnes. Mon opinion ne peut être d'aucun poids dans la balance de MM. les grammairiens; mais s'il faut dire mon avis, je penche pour admettre cette synonimie dans le langage poétique, lorsque le sens de la phrase n'offre point d'équivoque.