Je sais que tu es pauvre :
Tes robes sont modestes.
Mine douce, il me reste
Ma douleur : je te l'offre.
Mais tu es plus jolie
Que les autres, ta bouche
Sent bon — quand tu me touches
La main, j'ai la folie.
Tu es pauvre, et à cause
De cela tu es bonne ;
Tu veux que je te donne
Des baisers et des roses.
Car tu es jeune fille :
Les livres t'ont fait croire
Et les belles histoires,
Qu'il fallait des charmilles,
Des roses et des mûres,
Et les fleurs des prairies ;
Que dans la poésie
On parlait de ramures.
Je sais que tu es pauvre :
Tes robes sont modestes.
Mine douce, il me reste
Ma douleur : je te l'offre.