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1894

[no title]

Francis JAMMES

Je sais que tu es pauvre : Tes robes sont modestes. Mine douce, il me reste Ma douleur : je te l'offre.

Mais tu es plus jolie Que les autres, ta bouche Sent bon — quand tu me touches La main, j'ai la folie.

Tu es pauvre, et à cause De cela tu es bonne ; Tu veux que je te donne Des baisers et des roses.

Car tu es jeune fille : Les livres t'ont fait croire Et les belles histoires, Qu'il fallait des charmilles,

Des roses et des mûres, Et les fleurs des prairies ; Que dans la poésie On parlait de ramures.

Je sais que tu es pauvre : Tes robes sont modestes. Mine douce, il me reste Ma douleur : je te l'offre.

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