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1894

La Fièvre

Francis JAMMES

Les genêts luisent dans la lande désolée ; Sur l'ocre des coteaux la bruyère est de sang : Mais tu ne peux guérir mon cœur triste où descend Le souvenir de ma pauvre enfance en allée.

Viens : elle est d'émeraude et d'argent la vallée ; Douce comme ta voix, l'eau chuchote en passant, Et clair comme ton rire est l'angélus croissant ; Fraîche comme ta bouche est la mousse mouillée.

J'ai la fièvre : Viens là, près de ces romarins, Près de ce puits glacé que ronge l'herbe fraîche ; Viens, pleurons et mourons, fillette aux yeux sereins ; Nous sommes las : moi, las de sentir une brèche

En mon cœur mort d'amour lors de son mois de mai, Toi, lasse en ton printemps de n'avoir pas aimé.

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La Fièvre · Francis JAMMES · Poetry Cove