Que l'homme marié ne doit mener en sa maison hommes vicieux ou mal renommez. Il est aussi raisonnable conseil à l'homme marié de s'accompagner de vertueuses personnes, & fuir les hommes vicieux. Pource qu'il y a plusieurs qui sont mal mariez, non pas pource qu'ils auront congneu quelque vice, ou faute en leur femmes, ains parce que malicieuses compaignies l'ont mal conseillé. Et par ainsi si le marj est badaut, je n'en dy rien: mais s'il est homme d'esprit, il doit avoir honte qu'un autre luy ose dire mal de sa femme, veu que celuy qui luy tient tels propos, ne la voit possible une fois la sepmaine, & luy la converse à toutes heures. Et parce s'il y a en la femme quelque faute, le marj la doit premier cognoistre, & l'ayant apperceuë, la doit corriger & y remedier. Que s'il ne le veut faire, l'on le doit laisser là, puis qu'il le veut ainsi, & à ceste cause je dy qu'une des grands offences que l'on faict à Dieu, est de mettre en dissen-tion le marj & la femme. Car si l'on voit quelque faute au marj, ou en la femme, nous avons licence de les adviser, mais non pas de les mettre en facherie. Dont à ceste raison sont repris mainctes fois les marjs qui donnent credit aux parolles des serviteurs, voisins, ou autres, lesquels sous couleur d'amítié, leur feront quelque mauvais rapport de leurs femmes, ce qu'ils ne doivent aucunement croire. Car possible font ils plus cela par quelque hainc, que pour le zele qu'ils ont à son honneur. Au mojen dequoy l'on doit fuir telles accoinctances, & mesmement s'esloigner d'un tas d'hommes cauts, & rusez, lesquels pour parvenir à leurs desseins, prendront amitié au marj, afin d'avoir entrée plus seure avec sa femme. Il est toutesfois permis à la femme d'aymer son voisin, & l'amy & parent de son marj, mais non pas d'avoir avec eux trop grande familiarité, & privauté: car le proverbe en est vulgaire que l'espée la femme se peuvent monstrer, & non pas prester. Donc si au marj survient quelque fascherie, ou deshonneur, pour avoir amené quelcun en sa maison, lequel a prins trop grande familiarité à sa femme, il doit douloir plustost de soy mesme qui l'amena, & non pas de sa femme qui broncha.
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