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1898

XXXVIII

Victor HUGO

Qu'il vienne des coquins sur la honte qu'on sème ; Qu'à propos de Monsieur Bonaparte troisième, Morlot cite Hildebrand, Troplong Justinien ; Qu'en ce gouvernement napoléonien

Le grand Napoléon soit pris, qu'on rende Hercule Grotesque, Achille farce et Nemrod ridicule ; Qu'on fasse du clinquant, du faux, des oripeaux, Avec les,grands exploits, avec les grands drapeaux,

Avec les saints chevrons des brigands de la Loire ; Que cet empire, utile aux banques, ait pour gloire De n'avoir point d'Eylau, d'Essling ni d'Austerlitz ; Qu'on soit des enrichis contents d'être avilis,

Que le public opprobre à la Bourse se cote ; Que l'aigle se marie avec une cocotte ; Soit. Que m'importe à moi ! j'ai l'immense dédain ; Je regarde pousser les fleurs de mon jardin,

La mer chante, et je vois naître l'aube candide ; D'Austerlitz éclipsé le soleil sort splendide ; Et si César décroît, les bois me sont témoins Que le doux mois d'avril n'a pas un nid de moins.

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