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1893

XXXVIII

Victor HUGO

Je ne sais pas pourquoi les femmes Font tant de façons pour montrer Ce côté charmant de leurs âmes Qui permet de les adorer.

Elles ont la honte divine D'être belles, et d'entraîner L'homme au but que leur cœur devine Et refuse de deviner.

La beauté, céleste et sereine, Sait tomber en restant debout, Sait être esclave en restant reine, Et sait tout prendre en donnant tout.

Au fond, elles sont peu méchantes. L'amour est la chanson des nids ; Femme, en la commençant tu chantes, Quitte à pleurer quand tu finis.

Car toute joie arrive aux larmes. O toi que j'aime à deux genoux, Qu'importe ! Espérons ! tu me charmes, Et le printemps est avec nous.

Viens, ne crains rien ; l'aube est vermeille, Le ciel est bleu, les bois sont sourds. Tout bas, au bon Dieu, dans l'oreille, Je raconterai nos amours.

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