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1902

XXXV

Victor HUGO

Des mains, à travers la nuée, Perçant vos ténèbres, Seigneur, A notre soif exténuée Tendent dans l'ombre le bonheur ;

Elles nous tendent les ivresses, Les extases enchanteresses, L'espoir charmant, l'amour béni ; Et sur notre terre âpre et noire,

L'âme en frémissant cherche à boire À ces coupes de l'infini. Quiconque aime, quiconque souffre, Au profond mystère est uni ;

Tout cerveau qui pense est un gouffre ; Tout être est plein de 'l'infini ; Le cœur qui s'ouvre ouvre une porte ; Les âmes, atomes qu'emporte

Un souffle d'ombre ou de clarté, Sentent frémir, aux cieux dressées, Dans lâ moindre de leurs pensées Les ailes de l'immensité.

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