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1831

XXXIX

Victor HUGO

Avant que mes chansons aimées, Si jeunes et si parfumées, Du monde eussent subi l'affront, Loin du peuple ingrat qui les foule,

Comme elles fleurisssaient en foule, Vertes et fraîches sur mon front ! De l'arbre à présent détachées, Fleurs par l'aquilon desséchées,

Vains débris qu'on traîne en rêvant, Elles errent éparpillées, De fange ou de poudre souillées, Au gré du flot, au gré du vent.

Moi, comme des feuilles flétries, Je les vois, toutes défleuries, Courir sur le sol dépouillé ; Et la foule qui m'environne,

En broyant du pied ma couronne, Passe et rit de l'arbre effeuillé !

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