C'est une loi : Veuillot existe, ce maroufle ;
Planche est réel, Barbet respire, Nisard souffle ;
Rolle vit ; Fréron mord Voltaire, on ne sait qui
Pique Milton ; Cecco, qu'on nomme aussi Cecchi,
Met sur Dante indigné sa patte familière ;
Green rampe sur Shakspeare et Visé sur Molière ;
Les grands hommes qu'au fond de l'azur nous voyons
Passer sous leur couronne immense de rayons,
Splendides, par la mort faits plus vivants encore,
À jamais envolés dans la superbe aurore
Et pour l'éternité dé la gloire partis,
Sont rongés et couverts d'infiniment petits ;
Donc l'éblouissement n'exclut, pas la ,vermine ;
La gloire a son insecte et l'acarus la mine ;
L'Océan sent la pieuvre errer dans son flot bleu ;
Zoïle est sur Homère et Satan est sur Dieu ;
Le sublime n'est pas dispensé de l'immonde ;
Et je ne serais pas surpris le moins du monde
Quand un ange viendrait nous révéler à tous
Que dans le ciel profond les astres ont des poux.