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1893

XXXII

Victor HUGO

C'est une loi : Veuillot existe, ce maroufle ; Planche est réel, Barbet respire, Nisard souffle ; Rolle vit ; Fréron mord Voltaire, on ne sait qui Pique Milton ; Cecco, qu'on nomme aussi Cecchi,

Met sur Dante indigné sa patte familière ; Green rampe sur Shakspeare et Visé sur Molière ; Les grands hommes qu'au fond de l'azur nous voyons Passer sous leur couronne immense de rayons,

Splendides, par la mort faits plus vivants encore, À jamais envolés dans la superbe aurore Et pour l'éternité dé la gloire partis, Sont rongés et couverts d'infiniment petits ;

Donc l'éblouissement n'exclut, pas la ,vermine ; La gloire a son insecte et l'acarus la mine ; L'Océan sent la pieuvre errer dans son flot bleu ; Zoïle est sur Homère et Satan est sur Dieu ;

Le sublime n'est pas dispensé de l'immonde ; Et je ne serais pas surpris le moins du monde Quand un ange viendrait nous révéler à tous Que dans le ciel profond les astres ont des poux.

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