Skip to content
1831

XXVI

Victor HUGO

Vois, cette branche est rude, elle est noire, et la nue Verse la pluie à flots sur son écorce nue ; Mais attends que l'hiver s'en aille, et tu vas voir Une feuille percer ces nœuds si dur pour elle,

Et tu demanderas comment un bourgeon frêle Peut, si tendre et si vert, jaillir de ce bois noir. Demande alors pourquoi, ma jeune bien-aimée, Quand sur mon âme, hélas ! endurcie et fermée,

Ton souffle passe, après tant de maux expiés, Pourquoi remonte et court ma sève évanouie, Pourquoi mon âme en fleur et tout épanouie Jette soudain des vers que j'effeuille à tes pieds !

C'est que tout a sa loi, le monde et la fortune ; C'est qu'une claire nuit succède aux nuits sans lune ; C'est que tout ici-bas a ses reflux constants ; C'est qu'il faut l'arbre au vent et la feuille au zéphyre ;

C'est qu'après le malheur m'est venu ton sourire ; C'est que c'était l'hiver et que c'est le printemps !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
XXVI · Victor HUGO · Poetry Cove