Skip to content
1881

XXIX

Victor HUGO

L’absolu, l’éternel. Rien après, rien avant. Hors de cet horizon l’esprit n’est pas vivant. S’il n’a point l’abîme, il réclame. Tout vouloir, tout savoir, tout sonder tour à tour,

C’est la seule façon de composer un jour Qui suffise au regard de l’âme. L’âme veut pour plafond la vaste liberté, Et ne peut demeurer que dans l’illimité.

Ni cloisons, ni rideaux, ni toiles. Seuls la nuit, sous le ciel calme et silencieux, Les sphynx n’ont, pour emplir de lumière leurs yeux, Pas trop de toutes les étoiles.

L’immensité, c’est là le seul asile sûr. Je crois être banni, si je n’ai tout l’azur. Tout l’espace, c’est là que j’entre. Je veux tout le ciel bleu, je veux tout le ciel noir ;

L’infini par moments me semble à peine avoir La dimension de mon antre.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
XXIX · Victor HUGO · Poetry Cove