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1893

XXIV

Victor HUGO

Dans le monde meilleur que rêve mon caprice, Tout chantera ; le chant du travail est l'ami ; Et, malgré La Fontaine et grâce à Paul Meurice , La cigale dira son fait à la fourmi.

Un jour, tout finira par être l'harmonie ; Chante en attendant, Jeanne. Au zénith, au nadir, Dieu collabore avec une lyre infinie Un passereau qui chante aide un chêne à grandir.

Quiconque chante émeut la nature ravie ; La musique est la sœur des rayons réchauffants ; Une chanson éparse est utile à la vie ; Chantez, petits oiseaux ; chantez, petits enfants.

Le soir, à l'heure où l'ombre endort les nids qui rêvent, Quand tout s'éteint, un astre apparaît au couchant, Quand tout se tait, les voix de l'infini s'élèvent, La nuit veut une étoile et le silence un chant.

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