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1843

XXIV

Victor HUGO

Que le sort, quel qu'il soit, vous trouve toujours grande ! Que demain soit doux comme hier ! Qu'en vous, ô ma beauté, jamais ne se répande Le découragement amer,

Ni le fiel, ni l'ennui des cœurs qui se dénouent, Ni cette cendre, hélas ! que sur un front pâli, Dans l'ombre, à petit bruit secouent Les froides ailes de l'oubli !

Laissez, laissez brûler pour vous, ô vous que j'aime Mes chants dans mon âme allumés ! Vivez pour la nature, et le ciel, et moi-même ! Après avoir souffert, aimez !

Laissez entrer en vous, après nos deuils funèbres, L'aube, fille des nuits, l'amour, fils des douleurs, Tout ce qui luit dans les ténèbres, Tout ce qui sourit dans les pleurs !

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