Skip to content
1893

XXII

Victor HUGO

Un coup de vent passa, souffle leste et charmant Qui fit tourbillonner les jupes follement. Je la savais ailée, étoilée, azurée, Je l'adorais ; mon âme allait dans l'empyrée

À sa suite. Oh ! l'amour, c'est tout ; le reste est vain. Je ne supposais pas que cet être divin Qui m'emportait rêveur si loin de la matière Eût des jambes ; soudain je vis sa jarretière ;

Et cela me choqua : — Quoi ! me dis-je, elle aussi ! Je la contemple, ému, tremblant, brûlant, transi, Et je vois de la chair où j'adorais une âme ! Soit. Le songe est fini. Ce n'est donc qu'une femme

Qui marche sur la terre, et se retrousse au vent ! Et je fus amoureux bien plus qu'auparavant.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
XXII · Victor HUGO · Poetry Cove