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1893

XVII

Victor HUGO

Écoutez la voix touchante De l'oiseau de l'air qui chante, Du poète qui sourit ; Écoutez ces voix fidèles,

Car les oiseaux ont des ailes, Et le poète a l'esprit. Pendant que le vin t'enivre ; Pendant que tu lis le livre

Choisi par ta vanité ; Ou que tu te prostitues À ces trois froides statues, Richesse, orgueil, volupté ;

Pendant que, face ridée, Tu vas traînant ton idée, Creusant ta vie ou ton champ ; Pendant que ton instinct mène

Dans la grande ornière humaine Quelque chariot penchant ; Tandis que, gais ou moroses, Vous faites cent tristes choses

Qui vous font baisser les yeux, Vous avez tous sur vos têtes Les oiseaux et les poètes, Pêle-mêle dans les cieux.

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