Skip to content
1902

XVII

Victor HUGO

Après avoir souffert, après avoir vécu, Tranquille, et du néant de l'homme convaincu, Tu dis je ne sais rien ! — Et je te félicite, O lutteur, ô penseur, de cette réussite.

Maintenant, sans regret, sans désir, humblement, Bienveillant pour la nuit et pour l'aveuglement, Tu médites, vibrant au vent comme une lyre ; Tu savoures l'azur, le jour, l'astre ; et sans lire

Les papyrus hébreux, grecs,arabes, indous, Tu regardes le ciel mystérieux et doux ; Et par l'immensité ton âme est dilatée Au point d'emplir de flamme et d'aube un monde athée.

Tes jardins sentent bon, et sont tout chevelus De lierres, de jasmins et de convolvulus ; Mai fleurit tes lilas, août mûrit tes pommes ; Et, pendant que le tas tumultueux des hommes

Crie : abattons ! tuons ! exterminons ! broyons ! Toi, parmi les parfums et parmi les rayons, Voilà que tu finis et que tu te reposes, Vieux, dans une masure, et, sage, dans les roses.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
XVII · Victor HUGO · Poetry Cove