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1881

XLIV

Victor HUGO

Ô misérable amas de vanités humaines, Rêves ! Au premier vent qui souffle dans les plaines, Comme tout se disperse et tout s’évanouit ! Puissance, amour, douleur qui brûle dans la nuit,

Orgueils et voluptés, colères enflammées, Comme cela se mêle à toutes les fumées ! À quoi bon tant d’ardeur et tant d’emportement Pour arriver si vite à tant d’abattement !

Hommes ! Pourquoi ce bruit, et pourquoi faire attendre Des colosses au monde ? On croit, à vous entendre Rugir dans le brasier des sombres passions, Au milieu des fureurs et des ambitions,

Autour de ce que l’âme embrasse, craint, désire, Que vous êtes de bronze, et vous êtes de cire !

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XLIV · Victor HUGO · Poetry Cove