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1893

XLIII

Victor HUGO

Sombres aboyeurs des ténèbres, Abîmes, que me voulez-vous ? Que demandez-vous, nuits funèbres ? Pourquoi soufflez-vous, vents jaloux ?

Pourquoi, mêlant brumes, nuées, Tourbillons, flots pleins de huées, Multiplier autour de moi, Devant mes prunelles obscures,

Dans toutes ces vagues figures Les attitudes de l'effroi ? Je suis une âme ombres farouches, Je vous échappe ; mon flambeau

Ne peut être éteint par vos bouches, Gouffres de l'énorme tombeau ! Je ne vous dois rien que ma cendre, Que ma chair qui doit redescendre,

Vaine argile qui dure peu, Poussière, d'où l'esprit s'élance. Je vous la donnerai. Silence ! Et laissez-moi songer à Dieu.

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